REBOUCLE – Interview Dominique PONCET

Dominique Poncet fait partie des responsables d’entreprises qui se réunissent depuis 2025 autours des enjeux d’économie circulaire avec la communauté de communes Coeur du Jura. Découvrez son entreprise, DIAGER et sa vision de l’économie circulaire.

 

Quel est ton bagage professionnel ?

J’ai d’abord suivi un DUT Gestion des Entreprises, avant d’être diplômée d’une école de commerce puis de compléter mon parcours par des formations en communication, management et RSE.

J’ai commencé ma carrière en agence de communication comme chargée d’affaires, avec la mise en place d’outils de suivi de gestion. J’ai ensuite rejoint le Groupe SEB à Selongey comme chef de produits international sur les autocuiseurs, où j’ai travaillé sur des lancements de produits, les études de marché et la communication. Après un passage dans une entreprise d’outillage, j’ai intégré Diager il y a 18 ans comme chef de produits. J’ai ensuite évolué sur différentes missions transversales : suivi d’audit, labellisation Origine France Garantie ou création du service de la prévision de la demande.

Enfin, j’ai pris en charge la Responsabilité Sociétale de l’Entreprise (RSE) avec notamment l’obtention du label Engagé RSE de l’AFNOR. Aujourd’hui, je suis Responsable RSE au niveau du Groupe Diager.

 

Peux-tu nous présenter l’entreprise en quelques mots ? 

Le Groupe Diager est un groupe industriel familial basé à Poligny, dans le Jura, qui a fêté ses 70 ans en 2023. Il compte aujourd’hui 350 salariés pour un chiffre d’affaires d’environ 56 millions d’euros.

Le groupe s’organise autour de deux pôles :

  • un pôle Construction, avec Diager à Poligny, qui fabrique essentiellement des outils pour le perçage du béton, une filiale au Mexique et une filiale en Allemagne ;
  • un pôle Industrie, composé de plusieurs entreprises spécialisées dans les outils carbure et l’affûtage.

Diager réalise aujourd’hui 50 % de son activité en France et 50 % à l’export, dans plus de 80 pays.

 

Quel est le rôle d’une responsable RSE pour son entreprise ?

Une responsable RSE joue un rôle clé pour aider à suivre les lignes directrices de l’Iso 26000 et intégrer les enjeux environnementaux, sociaux, économiques et éthiques dans la stratégie globale de l’entreprise. C’est à la fois un poste stratégique et opérationnel qui comporte plusieurs missions :

  • Définir la stratégie RSE et en mesurer la performance
  • Mobiliser les équipes en interne autour des bonnes pratiques
  • Gérer les relations avec les parties prenantes : clients, fournisseurs, collectivités, associations etc.
  • S’assurer de la conformité réglementaire
  • Innover et créer de la valeur durable

La responsable RSE agit comme un « chef d’orchestre de la durabilité » dans l’entreprise : elle aide à concilier performance économique, impact positif sur la société et respect de l’environnement.

 

Quel est le lien de l’entreprise avec le territoire et pourquoi le développer ?

Aujourd’hui, une organisation ne peut plus se limiter à son activité économique : elle s’inscrit dans un écosystème local qu’elle influence et dont elle dépend. Cette relation se traduit par des échanges réguliers avec les acteurs locaux.

Développer ce lien avec le territoire répond à plusieurs objectifs essentiels. Cela favorise le développement économique local, permet de renforcer l’image de marque et la légitimité de l’entreprise, mais aussi de répondre à des enjeux environnementaux, en favorisant les circuits courts, une meilleure gestion des ressources locales et une réduction de l’empreinte carbone.

En définitive, le lien entre l’entreprise et son territoire constitue un pilier fondamental de la RSE. Il permet aux organisations d’être à la fois utiles, responsables et durables, tout en consolidant leur performance économique et leur légitimité auprès de la société.

 

Le circulaire dans l’industrie, utopique ou stratégique ?

L’économie circulaire est aujourd’hui un levier stratégique de transformation pour l’industrie. Elle s’impose comme un modèle alternatif à l’industrie traditionnelle fondée sur une logique linéaire : extraire, produire, consommer, jeter, pour sortir du « tout jetable » et aller vers des pratiques plus durables : écoconception, recyclage, réemploi, réparation et réduction des déchets.

Mais, l’économie circulaire reste complexe à mettre en œuvre à court terme. Elle demande des changements profonds des process industriels, logistiques ou encore de l’innovation : transformer les chaînes de production, repenser les produits ou investir dans de nouvelles technologies.

Mais, de nombreuses entreprises industrielles montrent déjà que ce modèle peut créer de la valeur : réduction des coûts des matières premières, sécurisation des approvisionnement, innovation, développement de nouveaux services.

L’économie circulaire est aujourd’hui un modèle en construction : à la fois ambitieux, complexe et porteur d’avenir. Si certains de ses objectifs semblent encore difficiles à atteindre, elle s’impose comme un pilier incontournable de la transformation durable de l’industrie.